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ENFANCE, CULTURE, MUSIQUE & PEDAGOGIE

Expériences pédagogiques


Nos archives

Numéro 1 : Poésie, musique et arts plastiques / 06-2023

Numéro 2 : Le chant prénatal / 07-2023

Numéro 3 : Les techniques corporelles pour les musiciens / 08-2023

Numéro 4 : Focus sur le Créa,
Centre de création vocale et scénique d’Aulnay-sous-bois / 09-2023

Numéro 5 11 23 : Musique, arts et handicap

Numéro 6 : Focus autour de l’édition jeunesse / 01-2024


Nadine demarey

Nadine Demarey est enseignante de formation initiale. Elle s’est posée très tôt les questions de la prise de parole et de l’écoute de l’autre.
Comédienne professionnelle, auteur et metteur en scène depuis 1992, elle a mené une réflexion approfondie sur l’art théâtral et sa transmission.

Responsable pédagogique de dizaines d’ateliers de pratique artistique pour amateurs (adultes, adolescents et enfants) elle a pu, grâce à cette expérience, affiner et modifier son approche de la communication humaine.

Elle mène une activité intense en tant que conteuse.
Engagée dans les combats sociétaux, elle a créé un spectacle «  Elle était une fois. Ou 2 ou 3 » dont elle nous parle ici.

Pourquoi ce spectacle ?

Ce spectacle est né d'une grosse colère ! La mienne !
Je suis issue d'une lignée de femmes remarquables grâce à qui j’ai pu, et je peux encore, planter mes racines dans une force héréditaire. Campées dans mon passé, elles ont permis que ma voix se libère.
J’en ai eu assez d'entendre dire des horreurs à propos des contes traditionnels par des gens qui n'y connaissent rien. 

L’hérédité, la transmission.

C’est en écoutant ma mère évoquer son enfance et sa jeunesse que la conteuse, en moi, s’est éveillée. J’ai été, et je suis encore, pétrie par les femmes de ma famille, qu’elles m’aient précédée ou que je les aie mises au monde.
Dans ce spectacle il y a des récits de vie. Celui de ma grand-mère, celui de ma mère, le mien… Et pour donner la parole aux cinq générations de femmes au centre desquelles se trouve mon équilibre, je revisite surtout des contes traditionnels.

Sexistes les contes ?

Les contes sont-ils réactionnaires, conservateurs et vecteurs de patriarcat ? J’entends dire ça et là qu’il faudrait bannir les contes de notre société moderne si l’on veut cesser de transmettre aux générations futures des valeurs surannées et des comportements sexistes.

C’est à nous, conteurs et conteuses d’aujourd’hui, d’être vigilants et vigilantes aux images que nous partageons, aux mots que nous utilisons. A chaque époque, la tradition orale s’est adaptée à la culture dans laquelle elle évoluait. Le propos des contes n’est pas sexiste. Les mots et les images que propose l’artiste sont, par contre, de sa propre responsabilité. La version du conte que transmet la conteuse ou le conteur est sa création, il est bon de se poser quelques questions lorsqu’on prend la parole en public parce que c’est un pouvoir immense que celui des mots. Guidée par cette évidence, je me suis demandé :

Qui sont les femmes dans les contes ?

Des princesses attendant d’être révélées par les lèvres d’un prince (charmant ou non) ? Des femmes soumises ? De petits êtres sans défense ? Des faire-valoir pour les personnages masculins ? De douces oies blanches ? Des vieilles moches par qui le malheur arrive ? Si la galerie de portraits était celle-là alors, décemment, en tant que femme, je ne pourrais plus continuer à les transmettre.

Alors j’ai interrogé le répertoire, et j’y ai trouvé des personnages féminins forts.
Comme dans la vie, les femmes y tiennent des premiers rôles palpitants. Elles possèdent des clés pour faire avancer les récits, des fulgurances pour changer le monde. Mais le féminin du héros, qu’est-ce que c’est ? Une femme en armure qui part à la guerre ? Ou alors l’héroïsme des femmes serait-il autre ?

J’ai choisi des contes qui résonnent avec les histoires de vie des femmes de ma lignée. Je les ai rapprochés et c’est ainsi que, tout au long de ce spectacle, on entend des femmes intelligentes, courageuses, héroïques. Des femmes qui sauvent des hommes, qui s’entraident mais qui se trompent aussi parfois, qui sont humaines autant que le sont les hommes.

Parce que, dans les contes, il y a toute l’humanité.

Conte et réalité ou symbolisme ?

Cependant je crois qu’il serait bon de cesser de confondre les contes et la réalité. Tout le malentendu vient de là, à mon avis.
Un conte n’est pas un fait divers. Pour avoir accès à son contenu, il faut passer par le symbole et aujourd’hui, dans notre civilisation de l’image, de l’immédiateté, nous ne côtoyons plus le symbolique. Le langage du conte est pris au premier degré et provoque chez les parents, les éducateurs, la peur de choquer, de traumatiser. Or, souvent, les enfants, ne sont pas effrayés par les contes de transmission orale. Les conteuses et conteurs n’imposent pas d’image comme le font les écrans. Et si on peut reprendre la réponse d’une enfant à qui je demandais si elle préférait un film ou un conte transmis à l’oral : « Oh non ! Pas un film ! Un film avec l’histoire que tu as racontée, ça ferait trop peur ! »

Et la musique dans tout ça ?

J’ai demandé à Philippe Carpentier, créateur d’univers sonores, de m’accompagner avec ses guitares... Il joue la musique qui fait respirer les mots, celle qui donne une clé pour ouvrir l'imaginaire, au gré des rythmes improvisés.
Ensemble, nous avons également puisé dans le répertoire des chansons traditionnelles « à répondre » quelques histoires de femme. Il les accompagne à la basse.

Consulter le dossier du spectacle à l'adresse: millemots


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