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Spectacles

chroniques de Cristina Agosti-Gherban


Archives : 2024 / 2025


Le Murmure des songes, Cie Accrorap

Le Murmure des songes, Cie Accrorap Le Murmure des songes, Cie Accrorap

droits image : ©Benoite-Fanton

Il y a cet instant fragile où la lumière s’éteint, où le monde réel se fissure doucement. C’est précisément là que Kader Attou nous attend. Le Murmure des songes ne raconte pas une histoire : il ravive un état. Celui de l’enfance quand, allongé dans le noir, l’imaginaire se met à chuchoter plus fort que la peur.

Grande figure du hip-hop contemporain, Attou délaisse ici toute démonstration pour ciseler une danse de la délicatesse. Son écriture chorégraphique, souple et ondulante, semble flotter entre deux mondes : celui du corps maîtrisé et celui des visions qui surgissent malgré nous. Quatre danseurs explorent ce territoire instable, peuplé de créatures marines, de monstres familiers et d’étoiles filantes, comme autant de fragments d’un rêve partagé.

Le dispositif scénique joue un rôle essentiel dans cette traversée. Un voile, des images projetées, une lumière tamisée : les murs de la chambre d’enfance s’écartent pour laisser place à un paysage onirique, à la fois aquatique et aérien. Les collaborations avec l’illustratrice Jessie Désolée tissent une matière visuelle mouvante, tandis que la musique de Régis Baillet enveloppe l’ensemble d’une étrangeté douce, plus apaisante qu’inquiétante.

La danse garde la mémoire du hip-hop : élasticité des corps, ruptures, glissements, envols soudains. Mais ici, les gestes semblent animés par une nostalgie ludique, comme si chaque mouvement cherchait à apprivoiser le noir plutôt qu’à le fuir. Les peurs enfantines ne sont jamais niées ; elles sont transformées, mises en jeu, jusqu’à devenir des partenaires de danse.

Pensé comme un rituel précédant l’endormissement, Le Murmure des songes s’adresse aux plus jeunes autant qu’aux adultes. Les premiers s’y reconnaissent immédiatement, les seconds retrouvent ce territoire oublié où l’on n’a pas encore renoncé à croire aux monstres sous le lit. Et lorsque Kader Attou apparaît lui-même en fin de parcours, le message devient limpide : on ne quitte jamais vraiment l’enfance, on apprend seulement à la faire danser autrement.

Dans une salle comble, peuplée de nombreux enfants, on n’entendait plus que les respirations, parfois quelques rires. Un moment de grâce.

Direction artistique et chorégraphique : Kader Attou
Scénographie : Kader Attou
Musique : Régis Baillet
Lumières : Cécile Giovansili-Vissière
Vidéo : Caroline Grastilleur
Accessoires : Oliver Borne
Illustration : Jessie Désolée
Interprétation :
Margaux Senechault, Ioulia Plotnikova, Artem Orlov, Kevin Mischel

PROCHAINES DATES

8, 9 janvier Aix-en-Provence, Pavillon Noir
18 janvier Suisse, Neufchâtel, Théâtre du Passage
22, 23 janvier Grasse, Théâtre
27 janvier Clichy, Espace 93
29, 30, 31 janvier Villejuif, Théâtre Romain Rolland
4, 5, 6 février Tulle, L’empreinte, Scène Nationale Brive Tulle
13 février Cachan, Théâtre Jacques Carat
15 février Champigny-sur-Marne, Théâtre Gérard-Philippe
27 février Châteaubernard, Le Castel
10, 11, 12, 13, 14 mars Saint-Etienne, La Comédie, Centre Dramatique National
17, 18 avril Espagne, Madrid, Teatros del Canal
9 mai Suisse, Vevey, Théâtre le Reflet
19, 20, 21, 22, 23 mai Beauvais, Théâtre du Beauvaisis, Scène Nationale
12 juin Bezons, Théâtre Paul Eluard

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site : accrorap


Marcher dans le vent, par la Cie en attendant...,
texte Denis Lachaud

Théâtre et musique à partir de 3 ans

marcher dans le vent marcher dans le vent

Dans une salle pleine d’enfants de 3 à 4 ans, nous avons découvert une histoire douce et poétique. Elle raconte le parcours d’une petite fille qui ne parle pas encore, qui s’amuse avec de minuscules arbres, lesquels grandissent peu à peu jusqu’à envahir tout l’espace.

La comédienne ponctue son jeu de quelques passages en gromelot, déclenchant les rires spontanés et ravis du jeune public.

Porté par une création sonore et musicale sur mesure, le spectacle ressemble à une succession de tableaux en mouvement, diffusant une poésie délicate qui célèbre la beauté de la nature, source d’inspiration graphique inépuisable.

Le décor, simple mais coloré et joyeux, accompagne à merveille l’ensemble.

Seul bémol : de nombreuses scènes se déroulent en bord de plateau. Les enfants devaient alors se lever pour apercevoir l’action, ce qui gênait la visibilité de ceux installés derrière eux.

Jean-Philippe Naas, mise en scène
Hoël·le Beauchard de Luca, Claire Monot, interprétation
Céline Pérrigon, scénographie
Julie Rey création musicale

Prochaine représentations :

2 au 9 décembre : Théâtre + cinéma Scène Nationale -Narbonne (11)
20 et 21 janvier : Théâtre de la Nacelle - Aubergenville  (78)
27février : Espace Mendès France - Quetigny (21)
11 à 13 mars : L'Espace 600 - Grenoble (38)

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compagnie-en-attendant


AUTO, par la Compagnie Tsara

Théâtre d'objet /Danse/Musique

Texte Jacques Rebotier, Christophe Tarkos

Dès 6 ans

AUTO, par la Compagnie Tsara AUTO, par la Compagnie Tsara AUTO, par la Compagnie Tsara AUTO, par la Compagnie Tsara

Images : @Aurelia Ivan

Surprise et émerveillement : voilà ce que réserve ce duo improbable, composé d’une chanteuse lyrique et d’une danseuse acrobate. Le spectacle se déploie en petites scènes où le thème de la voiture se glisse subtilement, comme un fil conducteur mystérieux.

La chanteuse passe du chant lyrique à la scansion, puis déclame des textes légèrement surréalistes, tandis que la danseuse défie la gravité avec des exploits et des métamorphoses qui captivent le public. La musique électronique, minimaliste et jouée en direct, enveloppe l’ensemble d’une ambiance poétique.

Pendant toute la représentation, le spectateur devient co‑créateur de l’histoire, laissant libre cours à son imagination. Une expérience originale et surprenante.

Aurelia Ivan mise en scène
Anna Chirescu chorégraphie, danse
Margaux Loire soprano lyrique 
Sallahdyn Khatir espace et création lumière 
Grégory Joubert création musicale et musique électronique live
  Dalila Khatir travail vocal 
Cécile Gacon création costume 
Volodia Piotrovitch d’Orlik collaboration dramaturgie 
Lucie Laporte stagiaire scénographie

Au Théâtre Dunois jusqu’au 11 octobre

theatredunois