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Expériences pédagogiques et artistiques

Une séance de travail chez les enfants du chœur d’éveil du Créa.

Je suis allée un mercredi matin assister à une des séances hebdomadaires du chœur d’éveil, animée par Sandrine Baudey.
Malgré le fait que c’est un mercredi au milieu d’un week-end prolongé, les enfants (entre 6 et 8 ans) sont en majorité présents.
Ils ont l’air d’être contents d’être là, et s’installent rapidement pour commencer le travail, qui débute sur la scène du théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-bois.
Ils préparent un spectacle « Petite chouette » (voir notre rubrique Spectacles) qui est construit à partir de chansons d'Anne Sylvestre, Coralie Fayolle, Louis Dunoyer de Segonzac, Jean-Yves Leduc... que Sandrine a proposé aux enfants. Les dialogues sont écrits à partir de paroles ou d'improvisations des enfants autour de thèmes donnés (la nuit et la différence).
Sandrine leur propose d’abord une chauffe corporelle et vocale, que les enfants réalisent sans problème, montrant qu’ils ont l’habitude. C’est intéressant de voir qu’ils ont pas mal de liberté pour inventer des mouvements.
« On fait un grand étirement. On pousse les bras vers le ciel et les coudes vers le sol et on se relâche avec un grand aaahhh ».
Travail sur la respiration, on relâche les mains, les bras, on frotte, les pieds, les bras, etc.

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Les exercices sont accompagnés par une musique au piano, douce et stimulante, ce qui est bien agréable.
« On va relâcher les mains, les coudes, les épaules, la tête, le dos, la tête en bas, et on pousse sur les pieds pour remonter, pour relâcher à la fin » .

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Ensuite ils vont se balader dans l’espace en faisant des personnages. « Je suis le meilleur. »

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D’autres exercices :
Marcher lentement, en suivant la musique. Quand la musique s’arrête on s’arrête.
« Il faut être fier ».

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On marche lentement, on accélère, on ralentit, en occupant tout l’espace.

Travail sur les émotions :
On a peur, on peut se rouler par terre. Changer les vitesses

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Très en colère, colère du corps, « c’est le corps qui montre que vous êtes en colère ».

Ensuite, les enfants imaginent une balle. C’est un travail magnifique, où on voit l’imaginaire se développer à travers les recherches qui se font avec cette balle.
En même temps, ils travaillent les différentes articulations du corps avec la balle.
Ils peuvent la tenir à une main, à deux mains, elle se promène le long du corps.
Le pianiste propose une musique avec des grandes variations rythmiques, allant de l’énergique au très doux.

« Maintenant qu’on a bien réveillé le corps, on va chanter dans l’autre salle » dit Sandrine.

DEUXIEME PARTIE

Dans cette salle ils vont faire un travail vocal.
«  Chercher à bien s’ancrer au sol, et étirer le dos jusqu’au ciel » .

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S’ensuivent des vocalises pour chauffeur la voix. Elles se font d’une façon très musicale, jouant avec différents modes de jeu (lié et staccato, par exemple)
Certains exercices font penser au train, et les enfants ont réel plaisir à les faire, en accélérant et en arrêtant brusquement

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Ce travail, qui pourrait être rébarbatif, est fait d’une façon ludique et en même temps avec exigence.
La fourmi m’a piqué le bras oh la la la la , la chanter avec des intonations différentes (triste, content, etc.)

Ils enchaînent avec une chanson de petit bateau, qu’ils connaissent, et ils ajoutent d’autres couplets. En la faisant de plus en plus vite.
Ils se mettent debout, pour grandir son dos. Hop hop, hop, baleineau, en modulant et en allant de plus en plus vite.
Ils chantent ensuite la Chanson pour la nuit qui vient. (Elle fait partie du spectacle).

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Ils la font en entier pour voir si la mémoire est là. Quelquefois on a peur, c’est pour cela que l’on se cache derrière les ardoises. (Les ardoises font partie de la mise en scène. Il y a deux groupes : les ardoises et les lunettes)
On sépare les enfants, pour faire les groupes lunettes et ardoises. Ils répètent en mimant les gestes (sans avoir les accessoires).

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Ensuite ils font Petit hibou en entier.

LES ENFANTS REVIENNENT SUR LE PLATEAU

Ils vont répéter avec les accessoires : lunettes et ardoises.
Prise en main des accessoires.

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Les lunettes qu’ils utilisent pour la répétition sont assez fragiles, elles se cassent souvent et Sandrine devient experte en réparation. Pour le spectacle ils ont des magnifiques lunettes, ainsi que des costumes que l’on peut voir dans les photos du spectacle.
On commence à travailler avec les ardoises. Travail sur les différentes directions et façons de les tenir ; il y a des moments où ils peuvent improviser et d’autres dans lesquels ils se cachent ou sortent tous ensemble.

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Ils font aussi un travail sur le texte pour bien comprendre les moments où il faut se cacher.
Ensuite, c’est au groupe « lunettes ». Ils font des jeux de retirer et de les remettre (compliqués un peu par les pattes de lunettes qui tombent)

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(Sandrine leur raconte que le jour du spectacle il y aura des lunettes de deux couleurs, et à la fin tout le monde aura des lunettes, même les enfants aux ardoises, qui seront cachées dans leurs costumes. Costumes qui auront une petite ficelle pour s’allumer)

Ils répètent chacun leur partie avec les gestes.
Et ensuite les deux groupes.

Ils essayent de se rappeler ce qu’il y avait avant cette scène, et quand est-ce qu’il faut aller chercher les ardoises. C’est un travail de mémoire, dans lequel les enfants doivent intégrer les enchaînements.
On ramasse les accessoires pour travailler le début du spectacle.
Les enfants sont dans les coulisses (à côté des fauteuils, donc il faut qu’ils soient très silencieux)
Le spectacle commence par un dialogue d’enfants.

Ensuite, au mot miroir, il y aura trois couples travaillant en miroir. C’est un exercice difficile, qui demande beaucoup d’écoute de l’autre, d’imagination et de coopération. Les enfants sont au début du travail. Le jour du spectacle ce sera superbe, on croirait voir le miroir entre les deux enfants.

Après cette matinée de travail intense, dans laquelle les enfants ont été toujours à l’écoute, participant activement avec concentration et sérieux, arrive la fin, avec un petit moment de relax avant de retrouver les parents.

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J’étais ravie d’assister à cette séance de travail, de voir l’implication des enfants, leur créativité.
Bien sûr tout ceci ne serait pas possible sans le travail de Sandrine Baudet, qui par sa démarche permet aux enfants de s’épanouir et d’aller de l’avant.

lecrea.fr

Voir aussi l’entretien avec Sandrine Baudet.

Cristina Agosti-Gherban


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